L’Orgue Renaissance de 1557

HISTORIQUE

L’orgue de Saint-Savin est l’un des plus anciens de France. C’est sans doute sous l’administration de l’abbé François de Foix Candale qu’il fut construit. Une inscription peinte au-dessus du clavier indique en effet que “cet orgue a été élevé en l’honneur de toute la cour céleste en l’an 1557”. En 1618, des travaux “devenus nécessaires” furent réalisés par Antoine Riballier, organiste d’Auch ; l’orgue contenait à l’époque “huit jeux et chaque jeu trente-huit tuyaux tant gros que médiocres et menus donnant son de flûte, de rossignol, de tambour et tremblement”. Les archives nous apprennent que cette même année, Arnaud Couture est organiste de l’abbatiale ; il promet de faire sonner les orgues du       monastère les dimanches et pour les fêtes solennelles. Nous ne connaissons pas son histoire pendant le XVIIIe siècle. Abandonné sous la Révolution et pillé d’une grande partie de sa tuyauterie, il est à l’état de ruines en 1861.

LA RESTAURATION

Au début du XXe siècle, des projets de restauration seront déclenchés mais n’aboutiront pas. Le buffet sera classé Monument Historique en 1904. Ce n’est que dans les années 1970 que Xavier Darasse et Jean-Pierre Decavèle (respectivement rapporteur auprès de la Commission Supérieure des Orgues Historiques et technicien-conseil auprès du Ministère de la Culture) relanceront le projet d’une restauration. Décidé officiellement en 1994 par la D.R.A.C. de Toulouse, la restauration “à l’identique” de cet orgue sera menée à bien par Alain Sals et Charles Henry, facteurs d’orgues à Entrechaux (84) en 1995-1996. D’origine, subsistaient le buffet, les sommiers, les faux sommiers, les registres “à l’italienne” (transversaux et non tirés), deux soufflets cunéiformes, des morceaux de clavier, de rares fragments de tuyaux, des traces d’étiquettes de registres et de passage de mécanique, des diamètres de trous et inscriptions de notes.

La tribune sera restaurée à cette occasion et un  escalier à vis construit par l’entreprise G.Simian de Saint-Gret (12), les peintures reprises par Pierre Belin et Françoise Bernon. La tribune est en effet habillée de panneaux peints avec rinceaux de fleurs, instruments de musique et partitions, trompe l’œil, mais aussi personnages de l’Ancien Testament, l’Agneau de Dieu, saint Pierre et saint Paul, des anges, ainsi que des motifs grotesques et vulgaires. Le concert inaugural eut lieu en juin 1997.

LA COMPOSITION

Montre 8 (coupée en basses et dessus)

Prestant 4

Douzième 2 2/3

Flûte bouchée 4

Quinzième 2

Dix-neuvième 1 1/3

Vingt-deuxième 1

Régale 16 (en roseaux)

L’étendue du clavier est particulière : de Fa 1 à La 4 (sans premiers Fa #, Sol #, ni dernier Sol #), soit 38 notes, ce qui est relativement rare. Les huit jeux sont dans l’esprit du “ripieno italien”. Le diapason est plus bas que le ton moderne (La 365 au lieu de La 440) et l’orgue est accordé selon le tempérament Mésotonique. L’orgue comprend des accessoires visuels et sonores que peut actionner l’organiste : étoiles et rossignol, tremblant et masques grotesques à mâchoires et yeux articulés.

L’orgue est aujourd’hui entretenu par le facteur d’orgue : Alain Faye.

Publicités